Cet été, un grand désarroi a frappé nostre compagnie lors des prestations au Manoir de Kerandraou;

Nous avons tous investit dans des épées Kasto, annoncées comme bonnes pour le combat, bien équilibrées et plutôt belles, ce sont donc nos armes d'escrime durant toute l'année pendant les entrainements hebdomadaires et biensûr lors des prestations.
Elles sont mises à très rude epreuve mais semblent, dans l'ensemble, bien resister au traitement...
Or voici qu'une d'ycelles s'est brisée net en pleine prestation mais, par chance, pas de lame tournoyante filant vers le public;

Son malheureux propriétaire n'est pas ce qu'on peut appeler une demi-portion et 'cogne-dur' lui serait un bon surnom mais une grande surprise et quelques inquiétudes concernant le choix de nos armes se sont emparés de nous autres....

ce bris non attendu sera l'occasion de pratiquer l'autopsie d'une Kasto et de verifier si le montage présente une faille....

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La garde:
à priori, vu les traces de fonderie, elle est constituée d'un aliage;
pas de griefs contre ce fait car, s'il marque et rouille facilement, la solidité semble au rendez-vous et c'est assuremment ce procédé qui permet la variété et la finesse des formes proposées

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Le pommeau:
sur tous les modèles, ils sont suffisamment lourds pour atteindre un très bon équilibre et laissent toujours dépasser ce qui semble bien être le mattage de la soie; Ce fait a biensûr été crucial dans la sélection de cette marque puisqu'à priori une arme utilisée régulièrement doit pouvoir être remattée en cas de besoin - la tension de la soie étant la garantie, non seulement du confort d'utilisation mais plus encore de la préservation de la lame, assurant l'"écoulement" harmonieux des vibrations.

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Premier mystère Kasto: Malgré les nombreux combats tout au long de l'année écoulée, jamais nous n'avons eu à rematter une seule de nos épées....

La lame:
épaisseur idéale dans sa conception,
pas d'usure de type couteau à pain mais un beau bourrelet d'acier qui se forme sans aucun écrouissage;
seul le rattrapage à la forge - sujet d'un prochain billet - nous dira s'il s'agit d'un alliage mystèrieux ou d'un bon vieil acier carboné (je pencherai plutôt pour l'alliage - les paris sont ouverts)

La cassure s'est produite au talon de la lame, après la garde, très exactement à l'endroit de tension garde-partie supérieure de la poignée

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la cassure ne fait apparaitre aucune paille - en tous cas visible à l'oeil nu;
elle semble bien être due au montage et ce type de casse nous a instantanément rammené à l'epoque où nous faisions nous-même nos épées - pas question de mattage de soie - et où elles cassaient toutes à cet endroit précis...celui où on avait, à la meuleuse d'angle (oui, je sais), réduit la largeur de la lame à celle de la poignée

Sur la photo du talon de lame, j'ai pointé, avec deux flèches rouges, ce qui semble bien être les marques d'un ajustage, par meulage, de la soie pour le gabarit de la poignée:
c'est sans aucun doute la faiblesse et le point de concentration des vibrations qui expliquent la casse à cet endroit précisemment.

reste à savoir si ce procédé de montage est systématique sur tous les modèles;
c'est très probable mais on peut imaginer que la survenue de la casse à cet endroit dépendra de l'ampleur du meulage effectué lors de l'ajustage

à suivre